Syrie, attaque chimique, les doutes des experts sur les évènements, les responsables et les vidéos…

franceseBeaucoup d'experts internationaux avancent des doutes sur l'accusation de l'opposition syrienne – accompagnée d'une diffusion très intense de vidéos – selon laquelle l'armée nationale aurait bombardé avec du gaz nervin l'aire de Ghouta est de Damas à l'aube du 21 août 2013, tuant un nombre de personnes très variable selon les sources : de quelques dizaines à 1.300.  Beaucoup d'enfants. Dans tous les cas, le jour de l'arrivée des experts de l'ONU sur les armes chimiques, la «ligne rouge» tracée il y a un an le 20 août 2012 par Barak Obama aurait été franchie; la ligne au-delà de laquelle les puissances anti-Assad se considèrent autorisées à agir militairement de façon plus directe que ce qu'ils ont fait jusqu'à présent (no-fly zone où bombardements).

 

Les alertes sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie se succèdent depuis plus d'un an, en général en concomitance avec des échéances importantes. Dans beaucoup de cas elles ont eu un impact favorable à l'opposition armée.

 

Mais voici les doutes. Sur le « cui prodest ? » et sur les vidéos.

 

L'expert dans le domaine des armes non conventionnelles, Gwyn Winfiled dans une interview

à Repubblica le 22août

(http://www.repubblica.it/esteri/2013/08/22/news/gwyn_winfield_troppe_anomalie_sull_uso_del_nervino_in_siria_adesso_serve_un_indagine_approfondita-65146723/ )   exclue le gaz sarin (« parce que les secouristes n'ont pas de protection et donc la toxicité du produit est plus basse ») et il soutient que l'attaque par des agents toxiques hier en Syrie semble avoir toutes les caractéristiques d'un nouvel incident du Tonkin : un « casus belli » créé exprès pour justifier une escalade militaire des puissances étrangères, comme celui qui en 1964 a autorisé l'intervention américaine au Vietnam ». Selon Winfield, « il est difficile de croire que le régime d'al-Assad lance une offensive de ce genre au moment de l'arrivée à Damas des inspecteurs de l'ONU chargés des enquêtes sur les armes chimiques ». Il penche non pour le sarin mais pour l'utilisation d'un agent anti-émeutes très puissant contenu dans des munitions. Et le massacre « ne profite sûrement pas au régime, qui dans tous les cas sera accusé, parce que cette substance est produite par les forces armées du régime. Il est probable qu'elle a été capturée par les rebelles de l'Armée syrienne libre, les seuls en mesure de lancer ces agents avec l'artillerie. Et à eux, oui cela profite : ils obtiendront des armes et l'intervention promise par Washington ».

 

Jean Pascal Zanders, expert en armes chimiques et biologiques pour l'Institut de l'Union Européenne pour la Sécurité relève que les secouristes et les autres personnes qui circulent dans la vidéo ne portent pas de tenue spéciale : s'il s'agissait de sarin,  ils seraient déjà tous morts.

(http://www.contropiano.org/internazionale/item/18603-siria-scetticismo-di-esperti-russi-ed-europei-sulla-vicenda-delle-armi-chimichejean)

 

Le diplomate suédois et ex-inspecteur de l'ONU Rolf Ekeus a déclaré à Reuters : « il serait très étrange que ce soit le gouvernement à avoir fait cela au moment exact où les inspecteurs internationaux entrent dans le pays… en tout cas, ce ne serait pas très intelligent ».

Un autre suédois, Ake Sellstrom, expert en armes chimiques, qui dirige le groupe d'inspecteurs de l'ONU a exprimé sa perplexité sur la dynamique de l'attaque en question, entre autres en déclarant comme « suspect » le grand nombre de morts et de blessés rapportés par les médias mainstream.

 

Le Vatican avec Mgr Silvano Maria Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU à Genève, déclare : « nous devons éclaircir le fait, parce que d'un point de vue d'intérêt immédiat, ce type de tragédie n'aide pas le gouvernement de Damas, sachant que de toute façon il en est accusé directement ».

Le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères russe, Alexander Lukashevick a parlé d’une « provocation planifiée », avec une campagne agressive orchestrée sur commande par des médias régionaux, rejetant la faute sur le gouvernement. Le ministre russe, citant ses sources, avance l'hypothèse que d’une région contrôlée par l'opposition aurait été lancé un missile de fabrication artisanale contenant des substances chimiques non identifiées – comme celles qui auraient été utilisée en mars dernier pour le massacre de Khan el Assal, pour lequel le gouvernement syrien a demandé l'enquête des inspecteurs de l'ONU, et au sujet de laquelle le gouvernement russe a présenté un rapport de 80 pages, dans lequel il conclut que dans la localité proche d’Alep ce sont les rebelles qui ont utilisé des armes chimiques. (http://www.dw.de/russia-delivers-report-to-un-citing-chemical-weapons-use-by-syrian-rebels/a-16939650). Selon les experts russes il est possible que les groupes terroristes utilisent du sarin ou du gaz nervin, comme celui utilisé en 1995 par la secte Aum Shinrikyo dans le métro de Tokyo.

Le site d'information (non pro-gouvernemental, au contraire) SyriaTruth http://www.syriatruth.org/news/tabid/93/Article/10378/Default.aspx reconduit l’épisode à un projet organisé par les « brigades turkmènes » de Lattaquié et Damas, en particulier « le Drapeau de l'Islam » et « les Brigades des descendants du Prophète ». Un massacre avait déjà été planifié, qui aurait dû être mis en oeuvre dans les environs de Damas, au début de la troisième semaine d'août, en concomitance avec l'arrivée de l'équipe de la commission d'enquête internationale. Le site révèle aussi que dans la zone étaient en cours des combats entre groupes armés et l'armée régulière qui était en train d’avoir le dessus et avait déjà fait des centaines de morts parmi les rebelles, avec des armes conventionnelles.  Syriatruth fait aussi remarquer que les villages de Zamalka et Ein Tarma où aurait eu lieu le massacre sont peu distants des zones résidentielles principales de la capitale, habitées pour la plupart par des syriens pro-gouvernementaux, et de l'aéroport militaire de Mezzeh.

 

Des experts militaires ont fait remarquer comment le 21 août dans la zone de Ghouta il y avait un vent fort: une situation météorologique techniquement peu adaptée à une attaque chimique, à partir du moment où le vent aurait causé la diffusion des effets des substances chimiques dans les zones limitrophes.

 

L'analyse des vidéos suscite des perplexités pour l'expert Stephen Johnson de l’Université de Cranfield, Royaume Uni, lequel remarque plusieurs incohérences qui semblent suggérer quelque chose de fabriqué ad arte. http://it.euronews.com/2013/08/21/siria-armi-chimiche-dubbi-sui-video/

 

Certaines vidéos présentées comme preuve de l'attaque ont été téléchargées dès le 20 août, le jour précédant la date indiquée par les opposants eux-mêmes !

http://www.youtube.com/watch?v=jrk1siUUrdE&feature=youtu.be

htt de p://www.youtube.com/watch?v=fSvm8mDZyOY
http://www.youtube.com/watch?v=_dVgO6LPKpk
http://www.youtube.com/watch?v=6O-G9HQru_o
http://www.youtube.com/watch?v=sZuYpsZZTlc

 

Les symptômes dus au gaz nervin se manifestent généralement par l’émission irrépressible d’urine et de selles, des convulsions, de l’écume dans la bouche. Ces symptômes ne caractérisent pas le comportement des enfants victimes dans les vidéos, et leurs vêtements ne portent pas de traces que l'on puisse attribuer à l’émission d’urine ou de selles.

 

Dans une vidéo (qui collecte et analyse différentes vidéos produites par l'opposition anti-Assad,) on montre un enfant (ou son corps)déplacé trois fois pour apparaître dans trois endroits différents de la salle, et une injection suspecte faite à un enfant, qui selon la logique de la vidéo devrait être mort. Cette même vidéo montre une image diffusée comme « preuve » de l'attaque avec des gaz en Syrie mais qui filme des victimes de la répression en Égypte.

 

Enfin la religieuse Agnès-Mariam de la Croix du mouvement Mussalaha qui était à Damas le 21 a contacté des connaissances qui vivent à Kashkoul, une rue  plus loin que Ain Tarmah. Personne n'a rien senti ni rien entendu, personne n'a été dérangé par des nausées, des maux de tête etc. Aucune odeur, rien. Idem de la part d'une dame qui vit à Abassin Square à quelques mètres de Jobar.

Rédaction www.sibialiria.org

 

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